Du 17 au 25 septembre 2026, la Directrice Générale Adjointe du Fonds de Développement du Service Universel (FDSU), Madame Marie-Laure LEPAS KANDA, a conduit une délégation congolaise à Dakar. Au programme : une mission de benchmarking auprès du Fonds sénégalais de service universel (FDSUT) et la participation à l'atelier sous-régional UIT/UE sur la promotion et la mesure de la connectivité universelle et significative.
Alors que le FDSU entre dans une phase d'exécution de ses projets de connectivité et d'inclusion numérique en République Démocratique du Congo, cette mission constituait la première étape d'un programme plus large d'apprentissage comparé des Fonds de service universel. Le Sénégal, fort d'un dispositif de service universel d'environ dix-neuf ans, d'un Fonds dédié et d'un régulateur fortement impliqué, offrait un terrain d'observation particulièrement riche.
Autour de la DGA, la délégation comprenait Monsieur MUBIAYI NGALAMULUME Michel, Sous-Directeur en charge du Service Universel, Innovation et Inclusion Numérique ; Monsieur KITENGE MUKABA Jean-Louis, Sous-Directeur a.i. en charge du Suivi-Évaluation, de la Qualité et du Reporting ; Madame LIYOTA IKOTE Acacias, Chargée de la coopération internationale et de la mobilisation des ressources ; Monsieur D'OLIVEIRA LUMINGU Holthy, Assistant de la DGA ; Monsieur SINA LUTONDO SINA, du Protocole ; ainsi que Madame Marie-Chantal TSHIBANGU KANKOLONGO, du Cabinet des Postes et Télécommunications.
La mission a débuté le 18 septembre par la visite du Living Hub de Ndangalma, l'un des espaces d'inclusion numérique déployés par le FDSUT, aux côtés de ceux de Saint-Louis, Kaolack et Ziguinchor. La délégation y a observé les équipements, les services offerts aux populations et les conditions de pérennité de ces structures, proches dans leur philosophie des Centres Communautaires Numériques envisagés par le FDSU en RDC.
Le 21 septembre, les séances de travail avec le FDSUT ont permis de passer en revue l'organisation du Fonds, ses mécanismes de financement, ses outils de cartographie et son portefeuille de projets. La délégation a notamment découvert le système d'information géographique SIGIT, partagé avec le régulateur pour identifier les zones non couvertes, ainsi que plusieurs projets phares : le Projet d'Accès Universel, mené en cofinancement avec un opérateur, le projet d'accélération de l'économie numérique soutenu par la Banque mondiale, ou encore un programme de connectivité par satellite reposant sur 5 000 kits, dont la délégation a visité le dépôt.
Le 23 septembre, la délégation a été reçue à l'Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) par Monsieur Ciré SECK, Directeur du Contrôle et de l'Inspection Technique. Les échanges ont porté sur le rôle du régulateur dans l'identification des zones blanches, le contrôle de la qualité de service, le partage des infrastructures et le roaming national.
Point d'orgue institutionnel de la mission, le 24 septembre, la délégation a été reçue par le Ministre sénégalais en charge des Télécommunications et du Numérique S.E.M Samba DIOUF. L'inclusion numérique et financière était au centre des discussions, tout comme les perspectives de dialogue avec le Ministre des Postes et Télécommunications de la RDC et le renforcement des échanges entre les deux pays.
En parallèle, du 22 au 24 septembre, le FDSU a pris part à l'atelier sous-régional organisé par l'Union Internationale des Télécommunications et l'Union européenne. Régulateurs, instituts de statistique, Fonds de service universel et partenaires techniques de plusieurs pays d'Afrique francophone y ont travaillé sur la mesure d'une connectivité réellement « significative » : disponibilité, qualité, abordabilité, accès aux terminaux, compétences numériques, sécurité et confiance.
Lors de la table ronde du 24 septembre, le FDSU a présenté l'expérience de la RDC, aux côtés du Burundi, du Burkina Faso, du Cameroun, du Gabon, de Madagascar, du Mali et de la République du Congo. La présentation congolaise a rappelé que l'identification des besoins des populations rurales et périurbaines relève du mandat même du FDSU, et que la donnée doit guider chaque étape du cycle de projet : ciblage, financement, suivi et évaluation.
De Dakar, la délégation rapporte une conviction forte : le service universel ne se mesure plus seulement au nombre d'infrastructures déployées, mais à l'usage effectif et à l'impact sur les populations. Parmi les pistes retenues figurent une meilleure articulation des données avec l'ARPTC, la distinction entre projets d'extension de la connectivité et projets d'inclusion numérique, des critères clairs de ciblage des bénéficiaires et un suivi renforcé après la mise en service.
Sur le plan de la coopération, le FDSU et le FDSUT ont confirmé leur volonté commune de travailler ensemble. Une ébauche de protocole d'accord (MoU) sera prochainement transmise au partenaire sénégalais afin de formaliser cette collaboration.
À travers cette mission, le FDSU réaffirme son engagement : mieux identifier les besoins, mieux cibler ses interventions et mieux mesurer leur impact, pour une connectivité qui profite réellement à chaque Congolaise et à chaque Congolais.